DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE ILLUSTRÉ de L'ACADÉMIE DE PHILATÉLIE

 

Terme précédent Retour au sommaire du dictionnaire Terme suivant

 

DÉBOURSÉ

Roger WALLART

 

 

C’est en 1738 qu’apparaît pour la première fois dans un texte d’instruction le terme de “déboursés”. Il disparaîtra définitivement avec l’Instruction générale des Postes de 1832.

 

Il s’agit d’un procédé comptable qui fut appliqué aux lettres dont la distribution ne pouvait se réaliser normalement. Toutefois, certaines catégories de lettres, notamment celles dont l’adresse contenait trop peu de renseignements pour être correctement dirigées, étaient directement envoyées à Paris au service des rebuts.

Il convient de préciser qu’à cette époque la quasi-totalité des lettres était expédiée en port dû, essentiellement en vertu du principe qu’un service ne devait être payé qu’après avoir été rendu. L’encaissement du port des lettres en même temps que leur distribution rendait les fraudes possibles.

 

Pour y remédier, la Ferme Générale des Postes avait établi un procédé rendant les directeurs débiteurs de tous les ports des lettres dès la réception des dépêches. Tout pouvait se dérouler sans difficulté si la totalité des lettres était distribuée et leurs taxes encaissées. Mais des problèmes de distribution surgissaient régulièrement. Leurs causes étaient multiples : erreur d’acheminement du fait du service postal (erreur qualifiée de fausse direction) ou du fait de l’expéditeur (erreur appelée vice d’adresse), destinataire parti ou inconnu, demande de réduction de taxe ou refus de la payer, etc. Dans tous ces cas, le directeur ne pouvait encaisser et il lui fallait obtenir les crédits correspondants compensant les débits subis à l’arrivée des dépêches.

 

Les directeurs des bureaux renvoyaient alors ces lettres dans des bureaux spécialisés. C’est ainsi que nous découvrons au dos des plis la mention “Déboursé de” suivie du nom du bureau demandant le crédit ainsi que diverses annotations dont la réglementation a évolué: motifs du retour, numérotation, date ...

La mention “Déboursé de ...”, initialement manuscrite, sera de plus en plus effectuée à l’aide d’un timbre dénommé timbre de déboursé.

 

 

Lettre de 1789 de Vesoul à Dijon envoyée en déboursé pour réexpédition.
 
Le destinataire étant parti à Bourbon-Lancy, la lettre y fut réexpédiée après l'opération de débours  
 effectuée probablement à Dijon même dont le contrôleur traitait les déboursés depuis 1785.
Le Directeur de Dijon fut crédité de 6 sols (taxe barrée).
Une nouvelle taxe de 8 sols fut inscrite pour être mise à la charge de Bourbon-Lancy
car la distance était plus importante.

 

 

Après examen, l’Administration postale allouait les sommes demandées par le directeur et donnait la suite utile à la lettre : réexpédition vers un autre bureau, recherche d’un destinataire inconnu, modification de la taxe. Toutes ces vicissitudes apparaissent sur les correspondances.

 

 

 

Bibliographie

 

Chauvet Michèle. "Les réexpéditions dans le régime intérieur des origines à 1878". Bibliothèque de l’Académie de Philatélie, 2003.

Chauvet Michèle. "Introduction à l’histoire postale" (Tome 1 : organisation et fonctionnement). Éditions Brun & Fils, 2000.

Wallart Roger. "Les Déboursés". Ssupplément au n°262 des "Feuilles Marcophiles", 1990.

 

 

Terme précédent Retour au sommaire du dictionnaire Terme suivant

 

 


 

 

" DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE ILLUSTRÉ "

 
 

DÉBOURSÉ

 
© Académie de Philatélie, France. 2003 - mars 2008.

MàJ 15/03/2008

.

Page faisant partie du   " Site de l'Académie de Philatélie "

 
 

http://www.academiedephilatelie.org )